Compte rendu d’un débutant au Raid Passion Désert 2006
En mai 2005 mon cousin Jean-Luc et moi sommes descendus à moto au Maroc jusque
dans les dunes de Merzouga (le fameux Erg Chebbi entre autres), voyage
formidable et inoubliable mais petit goût de trop peu dans les dunes (on était
chacun avec une BMW 1200GS et même sans les 10aines de kgs de bagages c’était
quasi impossible pour nous de faire du sable (jamais fait auparavant, pas la
technique, moto beaucoup trop lourde et pas envie de casser des motos toutes
neuves et aussi chères)
Sur le parcours on avait vu un groupe d’Anglais à motos ; tous avec des KTM. On
a un peu discuté. La formule semblait bonne : motos légères, camel bag sur le
dos pour s’hydrater (sans plus ; pas de bagages), assistance qui suivait de
près. Simple et efficace.
J’ai cherché sur internet une organisation qui proposait du ‘sable à moto’ et je
suis tombé sur le site de Sud Expé ; ce sont surtout les 100aines de photos
(principalement celles très dynamiques de motos évoluant dans le sable)
présentées à partir du site
www.ttattitude.com qui m’ont donné l’eau à la bouche et ensuite le fait de
voir toute cette assistance technique et médicale ainsi que leur expérience de
pas mal d’années de désert qui m’ont décidé à m’inscrire.
Entretemps mon cousin par alliance Denis me mettait en contact avec un de ses
copains pour l’achat d’une KTM 450 EXC d’occase à bon prix.
La préparation : plusieurs mois passés à rêver de ce que ce raid pourrait bien
être (je n’ai jamais fait d’enduro ni de sable (sauf l’avant-goût marocain)), à
me renseigner, à acheter le matériel (gros réservoir, road-book, GPS, camel bag,
malle, bib mousses & pneus, équipement enduro, … : environ 2000EUR de matos !),
à installer les instruments sur la moto, …
Je suis allé m’entrainer 3 ½ journées sur le terrain de cross de
Condé-sur-Escaut ; très instructif : impressionnant au début mais je me suis
vite senti à l’aise (ouf !) malgré que tu sois lessivés après chaque 1/2h (après
4 lessives tu rentres chez toi, crevé)
Quelques semaines avant le départ je reçois la liste des participants : une
centaine de personnes dont une flopée de Français bien entendu (l’orga est
française), 5 Suisses et 1 Belge (moi ;o)
Le voyage : moto sur la remorque, je descends 1000km jusque Mazan (100km au nord
de Marseille), le lieu où on se rassemble pour charger les motos et les malles.
J’arrive assez tard et bcp de gens s’affairent pour monter motos, quad, malles
et sacs (on a droit à une malle et un sac) dans les camions.
Petite anecdote : une palette entière de vin est chargée dans un camion ;
j’imagine déjà la beuverie mais ensuite je fais le calcul (1000dm3 ca doit
valoir environ 500 bouteilles en finale => 500/100 personnes/10jours : ½
bouteille par jour par personne) : c’est finalement fort raisonnable et ca se
confirmera : les participants sont tous plutôt des sportifs et 3-4 verres
suffisent chaque soir).
Ensuite pt resto sympa avec le groupe de Marcou (super ambiance) et puis repos
dans le gymnase. On est ainsi une bonne 20aine à passer notre première nuit à la
dure.
Le lendemain on prend le bus pour Marseille puis le bateau pour une traversée de
800km à du 40km/h => un peu plus de 20h, finalement fort agréables ; on fait
connaissance, le bateau est confortable et on y dort bien (malgré une météo
plutôt moyenne (le bateau pourtant long de 100m fait des bonds ; beaucoup sont
malades et restent au lit))
Arrivés à Tunis, 400km de bus jusque Matmata. On traverse des endroits assez
semblables à ce qu’on voyait au Maroc. Les gens vivent simplement mais bien.
Viande grillé sur le bord de la route. Bonnes odeurs.
Arrivés à Matmata, on se retrouve dans le meilleur hôtel du coin. Habitation
troglodyte. Ma chambre est creusée dans la roche (ambiance étonnante, insolite).
Hôtel bien confortable et on y mange très bien.
Le lendemain les choses sérieuses commencent. On nous remet le 1er road-book. Je
n’y connais rien. J’observe. Chacun détache les feuillets du carnet A5 et
scotche les feuilles l’une à la suite de l’autre et ensuite enroule le tout dans
le dérouleur de road-book. Ok, facile. Mais je n’aurai pas assez de scotch pour
tous les jours. Je me débrouillerai.
Chacun part quand il veut (formule intéressante, comparée à celle des Anglais
vus au Maroc qui se suivaient bêtement ; on peut avancer à son rythme, aller se
balader où on veut si l’envie nous prend, s’arrêter pour prendre un break et
quelques photos, …). J’avais prévu de suivre le groupe de Marcou mais je ne les
vois plus. Je décide de partir seul (il n’y a pas de problèmes : les parcours
GPS on été transférés dans mon Garmin. J’ai le road-book et ca ne semble pas
compliqué à suivre, il y a des gens qui sont déjà partis et d’autres qui
partiront après moi et ensuite l’assistance ; donc pas d’inquiétude, je
démarre). Le fait de partir seul m’oblige à me servir du road-book et j’apprends
(je serais parti avec un groupe, j’aurais suivi bêtement). Donc bonne décision.
Le parcours est de la piste à 99%. C’est agréable. La moto tient le coup. Elle
est très vivace. Super !
Plusieurs me dépassent. J’essaye de suivre. Au début je laisse finalement aller
mais ensuite un groupe me dépasse et je les tiens. Ils roulent vite et
j’apprends ainsi que la moto peut résister à de fameuses contraintes (j’avais
entre autres peur pour mes pneus mais finalement c’est super résistant).
Impressionnant ! Cette moto est une vraie gazelle. Enormément de punch. Ca
arrache !
Arrivés à Ksar Ghilane, on se prend une tente. On dort à 8 là-dedans. Ce n’est
pas le grand luxe mais c’est confortable.
Ensuite petite bouffe au resto du camp : soupe de semoule à agrémenter de
harissa (sinon ca ne goûte rien) puis Dinde, semoule et légumes. Le soir et les
soirs suivant (sauf en bivouac et dans les hôtels) : soupe, dinde, semoule et
légumes ! Avec du vin pour oublier cette fichue dinde ;o)
L’après-midi est consacrée à une petite mise en roues dans le sable jusqu’au
fort de Ksar Ghilane (qques murs en ruine); je pars (de nouveau seul) vers
l’entrée du désert et rebrousse vite chemin ; moment de stress : la vue de ces
dunes à perte de vue m’impressionne ; je vais pas rentrer dans ce truc seul !
J’ai l’impression que je n’en sortirai pas (je me rappelle le Maroc).
Tout à coup je vois une moto et un quad qui se dirigent vers le désert. Je
décide de les suivre. Le sable est mou et la moto s’embourbe. J’ai besoin de
forcer les gaz pour garder de la vitesse et ne pas m’ensabler (j’applique ce
qu’on m’a dit : il faut foncer, ne pas avoir peur, se mettre sur l’arrière,
donner des gaz). Le moteur rage 2X+ que sur piste (la roue patine ; 2 tours de
roue pour avancer d’un tour de roue ?) et j’ai l’impression que la mécanique ne
va jamais tenir le coup. Ca travaille de manière exagérée. Mais j’arrive à
suivre et parviens au fort de Ksar Ghilane, 2km plus loin.
Là un concurrent a son moteur qui chauffe (l’eau bout) ; c’est le genre de gars
cool qui donne l’impression de ne jamais se tracasser. Et il ne se tracasse pas.
Laisser reposer la moto et ensuite il repart. Etonnant et encourageant.
Ensuite après 1/4h de break on rentre et j’ai déjà l’impression de me sentir à
l’aise dans les dunes (ce sont de petites dunes ici, 50 cm de haut, maximum 2
mètres de haut). Ce sable est plaisant. Je retournerai encore en fin de journée
faire quelques petites longueurs. La crainte initiale semble évaporée. Ouf !
Le lendemain : descente plein sud jusque Tiaret ; on est dans une zone
militaire ; c’est de la piste à gogo. 300km. Je pars avec Gilles, Bruno (quad)
et Bertin. A un moment on se perd. Puis Gilles entend des bruits anormaux venant
de sa boite de vitesse. Il couche sa moto et commence à la démonter. En plein
désert de rocaille ! Incroyable. Il remonte et c’est reparti.
On retrouve notre chemin. Ca va vite, très vite mais je tiens. On apprend vite,
à suivre des habitués. Mais il faut être super attentif en permanence. C’est
piégeux (un bel exemple : une piste bien droite ; tout à coup elle s’incline et
quelques mètres plus loin un mini oued (rivière, ravine) ; il faut freiner à
bloc pour éviter de taper dedans et se faire éjecter ; ouf de justesse !)
On se sent vivre ! J’adore !
La fin du parcours : une piste extra large. Ca gaze là-dessus. C’est de la
rocaille mais on roule en croisière à du 70km/h (en évitant de taper sur les
grosses pierres) et on fait quelques pointes à 110. Grisant !
Arrivés à Tiaret, une petite bière bien fraiche nous attend. On est au fin fond
de la Tunisie, en plein désert, et ils ont amené une pompe à bière dans un des
camions d’assistance ! Ca fait plaisir !
Le soir apéro puis bon petit dîner à l’air libre. L’ambiance est excellente.
Grandiose !
Je suis un des rares à avoir oublié ma tente pour les bivouacs (j’avais
précédemment oublié de prendre mes pic-nics pour les déjeuners ;o). Patrick, un
motard cool avec sa Yamaha d’un autre age, m’indique qu’il y a moyen de dormir
dans un baraquement. Super ! Une nuit dans un bon lit. J’en ai bien besoin car
la journée a été rude.
Le lendemain : journée sable : 2 boucles plein sud. J’apprends à rouler dans des
étendues de sables sans dunes. On peut et c’est d’ailleurs souhaitable, foncer.
D’abord j’ose pas (car à faible vitesse la moto part dans tous les sens) et
ensuite voyant les autres me distancer j’ouvre et ca passe (à bonne vitesse la
moto surfe sur le sable et tient son cap). Encore une corde de plus à mon arc.
Ensuite un champ de fleurs bleues dans le sable puis les premières grandes
dunes : 30 à 50 m de hauteur ! On arrive par le dessus. Ca fait peur à
descendre. Ca se descend paraît-il tout droit. La pente est inclinée et il faut
pourtant mettre des gaz pour avancer. Tenir la roue avant bien droite. Moi j’ose
pas la première fois et descends de travers. Erreur. Heureusement avec mes
grandes pattes je tiens l’équilibre et j’y arrive. Les prochaine fois j’essaye
le tout droit. C’est bel et bien la bonne technique mais fort impressionnant.
Gilles s’amuse à essayer de remonter les 30-50m mais c’est impossible. Il doit
s’arrêter au milieu. Moi je ne m’y risque pas. Nous ne sommes que le 3ème jour.
L’après-midi : seconde boucle : m’étant fait distancer sur la tôle ondulée qui
terminait cette première boucle (mes mains souffraient trop), je dis aux autres
que je partirai seul. Je suis crevé et préfère par sécurité faire le reste à mon
rythme. Je m’emmêle avec mon GPS et Jean Brucy me donne un coup de main pour m’y
retrouver. C’est reparti. Je suis seul et un des derniers à entamer cette 2ème
boucle. Je suis dans les dunes. J’utilise le GPS. Outil formidable. La
‘boussole’ GPS est terrifiante d’efficacité et rassurante.
Un petit vent se lève et du sable rentre dans mon masque et mes yeux. Je
m’arrête. Tout cela rajoute à l’ambiance. Solitude, conditions difficiles,
j’adore.
Je croise plusieurs 4X4. Ils n’ont pas facile. De mon côté je me plante
plusieurs fois. Jurons, énervement. Peur que la moto ne redémarre pas. Ca fait
partie de l’ambiance.
A 2 ou 3 reprises je bloque à 50cm du sommet de la dune et c’est alors
l’obligation de réorienter la moto et repartir dans l’autre sens.
Une autre petite gâterie : je tombe et la moto se couche sur le flanc de la dune
mais les roues en haut. L’effort pour relever la moto est terrible mais j’y
arrive (plus tard un concurrent m’expliquera qu’il faut dans ce cas tourner la
moto pour remettre les roues vers le bas et ensuite la soulever (j’aurai
l’occasion de m’y essayer par la suite ;o); c’est marrant que je n’y ais pas
pensé mais dans ces conditions on ne prend pas bcp le temps pour réfléchir; on
n’a qu’une chose en tête c’est avancer encore et encore et y arriver)
Malgré toutes ces difficultés je suis assez content de m’en être toujours tiré
seul.
Sur la fin, après être sorti des dunes, je couperai une petite partie du trajet
restant par la piste. Tant pis pour les dernières incursions sur la colline. Je
suis lessivé.
Retour à Tiaret, petite bière, puis apéro et dîner en plein air comme le soir
précédent. L’ambiance est encore montée d’un cran. Je me retrouve à la table
avec les papis motards ; ca m’impressionne : ils ont 63 ans, ils ne font pas du
4X4 ni du quad (plus pépère) mais bien de la moto et j’aurai l’occasion de les
suivre le lendemain ; ils foncent ! Ca fait plaisir à voir. Je me dis que je
peux encore faire une 30 aines d’années de moto ; pourvu que la santé suive. Et
ce sont de bons vivants. Ca blague tout le long du repas.
Le lendemain, on rentre à Ksar Ghilane. De la piste à nouveau sur 300km avec
quelques passages dans les dunes. Je ne suis pas très chaud (mes jambes font
mal, je suis fatigué et la perspective de 300km de piste ne m’enchante pas) mais
après 1/2h je reviens dans le rythme et recommence à m’amuser. Je suis les papis
pendant 1 bonne heure. Ils vont vite. Le reste de la journée, je la ferai seul.
Navigation au GPS (c’est possible là car ce sont des étendues assez plates).
C’est un délice ! Je fonce. A un certain moment je fatigue et me relâche. Les
Suisses me dépassent. Ca me motive. Je remets les gaz. A un moment ils
s’arrêtent pour discuter du cap à prendre et je les redépasse (je suis bêtement
la boussole GPS et ne me tracasse pas du road-book). Je mets à fond et conserve
le rythme les dernières heures du parcours. Le fait d’essayer de ne pas me faire
rattraper par les Suisses qui ont un très bon niveau me motive. Je me suis
éclaté sur cette partie. Fascinant. Une des meilleures journées !
Une bonne petite dinde au repas du soir et puis au pieu. Je suis de plus en plus
fatigué. Le dessus de mes cuisses me fait terriblement mal quant j’utilise mes
muscles (voilà ce que c’est de ne pas faire du sport ! Je me suis juré d’en
faire dès mon retour) et j’ai des fourmis dans les mains (sorte
d’endormissement, dû aux vibrations du guidon sur les sols caillouteux) ; ca
fait à présent 2 semaines que je suis rentré en Belgique et ces fourmis ne sont
pas encore totalement parties. Astuces pour la fois prochaine : mettre des
mousses aux poignées du guidon et être moins crispé (facile à dire !)
Le lendemain j’apprends que je suis 1er moto de l’étape. J’ai eu de la chance
car je n’ai vraiment pas suivi au road-book (il faut dire que j’avais un
dérouleur de road-book manuel et pas de trip master => difficile de travailler
au road-book et en même temps de foncer ; comme j’aime foncer, le choix a été
facile)
Lendemain : le parcours le plus difficile du raid. Grosses dunes de Ksar Ghilane.
30-50m de haut comme dans le grand sud mais ca semble encore pire ici. Le sable
est comme de la farine à certains endroits. Il faut donc oser encore plus.
Je suis parti dans les derniers. J’avance bien et rattrape pas mal de
concurrents. Ca passe bien et c’est plaisant : descendre une dune, passer le
creux à bonne vitesse puis remonter à l’arraché sur la suivante, gravir les 8m
de haut (avec une inclinaison finale d’environ 60°) en se demandant si ca va
passer, sentir que la moto tracte correctement, doser le moment où on relache
les gaz pour se tanker tout juste sur le sommet de la dune est super
impressionnant. (se tanker 50cm avant : c’est fini, impossible de passer ; il
faut repartir en sens inverse. A l’inverse, ne pas arriver à s’arrêter au sommet
de la dune mais la passer sans s’arrêter est dangereux car l’autre versant peut
être à pic et se terminer par un plat ; ca revient à tomber de plusieurs
mètres ; le choc est violent ; risque de fortes blessures et de casse). Ce goût
du risque, ces tentatives de bonne maitrise, le fait de réussir ces montées de
dunes vertigineuses, que du bonheur comme dirait Marcou ! Et ma gazelle de moto
se montre elle aussi à la hauteur.
Cependant, à un certain moment, dans la partie haute des dunes, je commence à me
planter. 1X, 2X, 10X. (je suis paraît-il resté trop longtemps sur la partie
haute des dunes ; voilà ce que c’est de se passer du road-book et ne travailler
qu’au GPS).
Pour compliquer l’affaire, j’ai également des problèmes avec mon embrayage : je
n’arrive plus à débrayer. Un concurrent s’arrête et vient me donner un coup de
main (et ca va bien m’aider) ; il y a en effet un problème. Je repars qd même à
l’arraché (il m’explique : démarrage moteur au point mort, mettre des gaz,
enclencher la 1ère brutalement et ouvrir. Merci pour le conseil). Et continue
mon bonhomme de chemin avec quelques plantages supplémentaires. Pas bon pour la
moto tout ca. Je décide de redescendre dans la partie basse. Ca va mieux mais je
sens bien qu’il me sera impossible de terminer l’étape (je suis au 1/5ème de la
totalité du parcours (j’apprendrai ensuite qu’une bonne partie du plus difficile
est faite)).
Je me résigne à remonter sur Ksar Ghilane par la partie basse et au cap.
Quelques mètres plus loin, mon moteur fume. Heureusement je me rends compte que
c’est de la vapeur d’eau (le moteur est en surchauffe) et heureusement que la
durite de trop plein de radiateur était tombée les jours précédents (l’eau coule
directement sur le moteur chaud, et fait de la vapeur), sinon je ne me serais
peut-être pas rendu compte que l’eau bouillait et j’aurais serré. Je dois dc
m’arrêter pour laisser refroidir.
Je regarde mon GPS : je suis juste entre 2 points GPS ; super ! 1h plus tard un
4X4 apparaît. Je cours l’avertir. Je lui remets un papier avec mes coordonnées
GPS. Il avertit par radio l’équipe de fermeture de la piste qui arrive 1/2h plus
tard.
Les gars me demandent si je compte repartir s’ils arrivent à réparer. Je suis
bien sûr partant. Mais rien n’y fait. On charge dc la moto sur le pick-up et je
monte dans le 4X4 de Schandel et son épouse. Schandel est un as du pilotage 4X4.
Ce sera une formidable expérience 4X4 (jamais fait auparavant) ; c’est
impressionnant ! Ils arrivent à monter ces dunes poudreuses de 50m de haut avec
ces lourds engins ! Schandel ne se plante jamais et vient au secours d’autres
qui tankent encore et encore.
Etape la plus dure du raid ? Je veux bien les croire. Finalement la nuit tombe
et on décide de dormir sur place en plein désert. On est dans une cuvette de
plusieurs km de diamètre et un rempart de dunes de 50m de haut tout autour. Quel
cadre ! Dans leurs 4X4 ils ont de tout ; tout le monde partage ses victuailles
et l’ambiance est très bonne. Apéro bien entendu (avec jambon de Parme (ou de
Bayonne plutôt)) pour commencer, puis 36 plats différents. Resto tapas en somme.
Avec un petit coup de blanc super frais (ils ont des frigos sur 12V) puis un
petit coup de rouge. Rien ne manque.
Le lendemain on décide de passer le cordon de dunes pour se retrouver dans la
plaine. Là rencontre avec une famille de bédouins. Habits très colorés. Ils sont
sympas mais bien sûr toujours demandeurs de nourritures, lunettes, bottes, … Je
leur propose le 4X4 de Schandel ;o)
Je passerai ces 2 jours suivant à me reposer à Ksar Ghilane et essayer de
trouver une solution pour mon embrayage. Patrick fera de même pour réparer sa
direction. Il arrivera à la solutionner. Je suis content qu’il soit là car toute
la caravane est à ce moment sur le site de Star Wars. On ira manger un bout dans
l’hôtel luxueux à côté (on en a vraiment marre de la dinde !).
Finalement je suis content de cette panne car j’étais vraiment crevé. Si je ne
l’avais pas eue, me connaissant, j’aurais continué, en forçant encore et encore,
ce qui aurait été dangereux.
Allé, 4 jours et demi de moto vraiment intense, c’est déjà pas mal pour une
première expérience.
Je ferai mieux la prochaine fois.
Les 2 derniers jours, je les ferai à moto, en passant les vitesses à la volée et
en empruntant des itinéraires simplifiés, histoire de ne pas trop forcer ma
boite de vitesse.
J’arriverai ces 2 jours très tôt à l’hôtel, ce qui me permettra de profiter d’un
luxe bien mérité finalement.
Merci à toute l’équipe de Sud Expé et SRA pour ce formidable voyage.
Tout le monde (tant organisateurs et logistique que concurrents) était fort
sympas.
J’ai vécu de fort bons moments et appris énormément en très peu de temps.
Je suis curieux pour mars 2007. Maroc ? Algérie ? Libye ? Suspens !
J’espère très sincèrement pouvoir venir et qui sait peut-être qu’un cousin ou
l’autre pourra m’accompagner cette fois.